Moto Guzzi V7 Stone review : caractère, vibrations et réalité de la vie au quotidien avec elle
Nous avons testé la Moto Guzzi V7 Stone avec son bicylindre en V transversal de 850 cc au quotidien : caractère, vibrations, consommation réelle et à qui elle convient face à la Bonneville ou la Z650RS.

Moto Guzzi V7 Stone review : la néo-rétro qui ne cache pas ce qu’elle est
Il y a des motos qu’on achète avec la tête et des motos qu’on achète avec les tripes. La Moto Guzzi V7 Stone appartient de plein pied à la seconde catégorie, et c’est la première chose à bien préciser avant de se mettre à aligner des chiffres. Le bicylindre transversal de Mandello del Lario a un balancement caractéristique lorsqu’on ouvre les gaz au point mort, que nulle autre néo-rétro ne reproduit, et ce détail définit à lui seul la moitié de l’expérience.
La question n’est pas de savoir si la V7 Stone est rapide (elle ne l’est pas) ni si elle est la plus équipée (non plus). La question intéressante est de savoir comment on vit avec elle une fois passé l’emballement initial, quand il faut vraiment faire des kilomètres, la rentrer au garage, payer l’assurance et décider si on la choisirait encore après un an.
Moteur 850 cc : le bicylindre transversal aux commandes
Le cœur reste le bicylindre en V transversal à 90° refroidi par air de 853 cc, à distribution par tiges et culbuteurs. Il délivre 65 ch (48 kW) à 6 800 tr/min et un couple maximal de 73 Nm à 5 000 tr/min. Ce ne sont pas des chiffres spectaculaires, mais le couple arrive bas et avec vigueur : en quatrième à 3 000 tours, la moto pousse sans broncher, ce qui correspond à l’usage réel qu’on en fait en ville et sur route secondaire.
Homologuée A, il n’existe pas de version A2 de 35 kW au catalogue. Si vous êtes titulaire du permis A2, vous devrez regarder du côté d’autres configurations de la V7 ou chercher une bridage spécifique, ce que tous les concessionnaires ne proposent pas.
Le son, avec l’échappement d’origine, est sourd et grave. Pas de stridences. Et oui, elle vibre. Elle vibre au guidon entre 4 000 et 5 000 tr/min de façon perceptible, et sur autoroute en régime soutenu (120 km/h réels, soit environ 4 500 tr/min), les mains s’en ressentent sur les longs trajets. Ce n’est pas un défaut de fabrication, c’est une caractéristique du moteur. Celui qui cherche la douceur japonaise ne la trouvera pas ici.
Ergonomie et comportement : confortable en ville, juste sur autoroute
Avec une hauteur de selle de 773 mm et 218 kg en ordre de marche, la V7 Stone est accessible à presque toutes les tailles. La position est droite, avec un guidon large et des repose-pieds légèrement avancés. Elle convient dès la première minute, sans cette période d’adaptation qu’exigent d’autres néo-rétros au triangle plus sportif.
En ville, elle se déplace avec aisance : rayon de braquage raisonnable, embrayage léger et réponse douce de l’accélérateur. Dans les virages de montagne, elle répond avec noblesse, même si l’avant demande de prendre son temps avec une fourche conventionnelle non réglable, sans pénalité. Les amortisseurs arrière à précharge sont basiques et, sur les routes dégradées, ils rebondissent plus qu’il ne faudrait.
Le réservoir de 21 litres est généreux pour le segment et offre une autonomie réelle largement suffisante.
Consommation réelle et autonomie
Moto Guzzi homologue environ 4,7 l/100 km WLTP. En usage mixte réel, entre ville et route secondaire à allure tranquille, elle se situe entre 5,0 et 5,4 l/100 km. Si vous forcez sur l’autoroute, cela monte à 5,8-6. Avec ces consommations et 21 litres de réservoir, on parle de 380 à 400 km réels entre deux pleins, un chiffre très compétitif pour une néo-rétro.
Équipement et électronique : l’essentiel, sans fioritures
Ici, la V7 Stone joue dans la ligue du minimalisme fonctionnel. Ce qu’elle embarque de série :
- ABS à double canal (pas en virage, il n’y a pas de centrale inertielle).
- Contrôle de traction MGCT désactivable, à deux niveaux.
- Compteur digital circulaire monochrome avec toutes les informations de base. Ce n’est pas un TFT couleur.
- Éclairage full LED.
- Prise USB sous la selle.
Ce qu’elle n’a pas, ni en option d’usine clairement disponible : modes de conduite, quick-shifter, régulateur de vitesse, connectivité par application, navigation, suspensions semi-actives. Pour beaucoup de motards, ce sera une vertu (moins d’électronique, moins de choses qui peuvent tomber en panne) ; pour d’autres, un handicap en 2026, quand une Suzuki GSX-8S avec TFT complet et quick-shifter se situe dans une fourchette de prix comparable.
Prix, garantie et rivales directes
Le prix public de la Moto Guzzi V7 Stone tourne autour de 10 499 € (tarif de juillet 2026), avec les variations habituelles selon le concessionnaire et les campagnes. Piaggio Espagne propose généralement des promotions de financement ponctuelles ; il vaut la peine de se renseigner en magasin, car le prix réel peut baisser de 500 à 800 € avec les offres saisonnières. Garantie officielle de deux ans sans limite de kilométrage.
Rivales directes auxquelles vous la comparerez à coup sûr :
- Triumph Bonneville T100 (900 cc, 65 ch, 12 195 €) : plus raffinée, avec une plus grande présence visuelle, un bicylindre parallèle plus doux. Elle coûte nettement plus cher et pèse à peu près pareil.
- Kawasaki Z650RS (649 cc, 68 ch, 8 599 €) : moins chère, plus légère (188 kg), avec un bicylindre parallèle japonais plus doux et moins charismatique. Une autre philosophie.
- BMW R 12 nineT : elle joue dans une autre ligue de prix et de performances, mais si vous recherchez le caractère du boxer, jetez un œil à notre essai de la néo-rétro de Munich.
Points faibles qu’il faut accepter
Soyons honnêtes, car la V7 Stone présente des lacunes évidentes :
- Vibrations au guidon à régime moyen-élevé.
- Suspension arrière juste sur les mauvais revêtements.
- Pas de TFT, pas de modes, pas de quick-shifter : équipement inférieur aux rivales au même prix.
- Pas de version A2 homologuée d’usine au catalogue actuel.
- Poids de 218 kg, qui se fait sentir à l’arrêt et lors des manœuvres à pied.
- Dépréciation : les Guzzi se revendent mieux qu’une japonaise moyenne, mais moins bien qu’une Triumph sur le marché de l’occasion espagnol.
Verdict : à qui convient la V7 Stone
Elle vaut le coup si vous recherchez une moto au caractère affirmé, si le son et le balancement du bicylindre en V transversal de 850 cc vous parlent, si vous faites des kilomètres à allure tranquille sur route secondaire et si vous privilégiez une esthétique épurée à la fiche technique. C’est une moto à savourer pour le trajet, pas pour le gagner.
Elle ne vous convient pas si vous recherchez un équipement moderne à prix comparable, si vous faites de l’autoroute au quotidien (les vibrations fatiguent), si vous venez d’obtenir le permis A2, ou si votre critère d’achat est « combien de moto pour un euro ». Là, la Z650RS ou même une roadster japonaise moyenne vous offrent davantage de chiffres.
La V7 Stone n’essaie pas d’être ce qu’elle n’est pas, et dans un marché saturé de motos qui se ressemblent, c’est déjà une prise de position.
Données techniques vérifiées sur le site officiel de Moto Guzzi (juillet 2026) et appréciations qualitatives basées sur notre propre essai.